La route d'Al Ahly est parsemée d'embûches cette saison. Le club le plus titré de la Ligue des champions de la CAF a su les éviter jusqu'ici et espère ajouter bientôt une huitième couronne continentale à son palmarès.
Tenus en échec 1:1 à Coton Sport en demi-finale aller, les Egyptiens sont candidats à leur propre succession pour représenter l'Afrique à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Maroc 2013.
Les performances des Diables Rouges dans la prestigieuse compétition ont redonné le sourire à leurs supporters, encore privés de championnat cette saison, la Premier League égyptienne étant suspendue en raison des tensions politiques. Un handicap certain pour Al Ahly, qui manque de compétition pour rester dans le rythme. "On ne cherche pas d'excuses, ce n'est pas le genre de la maison", confie le nouvel entraîneur cairote Mohamed Youssef au micro de FIFA.com. "Les joueurs savent très bien ce que l'on attend d'eux et ce que porter le maillot d'Ahly représente. Toutes ces difficultés nous rendent plus forts."
L'ancien défenseur du club a succédé sur le banc à Hossam El Badry, qui avait conduit les Cairotes vers une septième victoire en Ligue des champions la saison dernière, au détriment des Tunisiens de l'Espérance. En prenant les rênes du club le plus titré d'Égypte et d'Afrique, Youssef avait la lourde tâche de faire aussi bien que son prédécesseur. Quelques mois seulement après son arrivée, l'annulation de la Premier League a encore compliqué la donne.
La raison d'être
Pas facile, dans ces conditions, de se préparer au mieux pour la Ligue des champions. "Le fait de ne pas être engagé en championnat posait évidemment problème, mais on n'a pas voulu se laisser abattre. La Ligue des champions était notre seule compétition, il fallait la jouer à fond", témoigne Youssef. "Il y a tellement d'incertitudes dans le pays. On ne savait pas si la Coupe d'Égypte allait avoir lieu ou non et quand on réussissait à organiser un match amical, on ne pouvait jamais être sûr qu'il pourrait effectivement se jouer. Il n'y avait donc que la Ligue des champions pour nous. C'était une bouée de sauvetage, notre raison d'être cette saison."
L'entraîneur a dû se contenter de matches amicaux sans enjeu pour pouvoir préparer ses joueurs. Une stratégie qui a porté ses fruits, dans une certaine mesure. "On a profité au mieux de ces matches amicaux pour garder le rythme, mais ils ne peuvent pas remplacer l'intensité d'un match officiel, avec la pression du résultat", estime Youssef.
Privé de plusieurs cadres, Al Ahly est en plus contraint de disputer ses matches de Ligue des champions en dehors du Caire, loin de son public bouillant pour des raisons de sécurité, la plupart des rencontres ayant lieu à huis clos. "Il a fallu s'habituer à un nouvel environnement, à un nouveau climat", confirme Youssef, à propos des matches à domicile désormais joués à El Gouna, au bord de la Mer Rouge, à 400 km du Caire. "Quelques joueurs importants nous ont quittés également , comme Hossam Ghaly et Mohamed Gedo. Mohamed Barakat a pris sa retraite et Emad Meteab était blessé", énumère Youssef. "Mais on arrive à composer avec les absences. Les joueurs qui arrivent à Ahly sont conscients de l'héritage qu'ils ont à porter, de leurs responsabilités envers le club."
Ne pas brûler les étapes
Grâce à leur but à l'extérieur à l'aller contre Coton Sport, les Égyptiens sont en ballottage favorable pour la qualification pour la finale. Ils pourraient y retrouver les Tunisiens de l'Espérance. Les deux équipes se déjà affrontées six fois en trois ans, notamment la saison dernière, en finale, remportée 3:2 par Ahly sur l'ensemble des deux matches. "Il est encore trop tôt pour parler d'une éventuelle finale contre l'Espérance", tempère Mohamed Youssef, qui ne veut pas brûler les étapes. "Ce serait une erreur de l'envisager dès maintenant alors qu'il nous reste un match à disputer face à un adversaire de la qualité de Coton Sport".
Ahly a déjà disputé quatre des neuf éditions de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. La perspective d'une nouvelle qualification pour la compétition intercontinentale est une source de motivation supplémentaire pour l'entraîneur égyptien et ses troupes. "Certains de nos jeunes joueurs aimeraient découvrir ce tournoi et ceux qui y ont déjà participé veulent y retourner", assure Youssef. "On espère leur offrir. Ahly vise toujours le sommet."












