Beugré Yago, le serveur de caviars

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Beugré Yago, le serveur de caviars

Beugré Yago, le serveur de caviars

Beugré Yago Eugène est mis à l’honneur cette semaine par l’Association des Footballeurs Ivoiriens (AFI) dans le cadre de sa rubrique ‘‘un joueur, une histoire’’. Illustre Champion d’Afrique avec les Éléphants de Côte d’Ivoire, l’ancien ailier de l’Africa aura marqué sa génération notamment par ses accélérations meurtrières sur le terrain.


Le foot, c’est sa tasse de thé. Sa raison d’être. Il en parle avec une passion si vive qu’on en oublie qu’il a été un acteur principal dans un passé récent. Un joueur imposant et intenable dans son couloir gauche, qui endosse désormais, avec brio, le costume de consultant sur la Radiotélévision Ivoirienne. Logique reconversion.

 

 

‘‘Je me suis battu, j'ai eu ma place’’

 

Membre d’une fratrie de footballeurs, Beugré Yago Eugène, frère benjamin du non moins doué Beugré Inago, a pendant près d’une décennie, émerveillé le public sportif ivoirien et africain. Ses coups de reins mortels, ses démarrages dévastateurs, conclus très souvent par des centres décisifs, en avaient fait la terreur des défenses.

 

D’abord sous les couleurs de l’AS SOTRA, ensuite à la glorieuse formation de l’Africa Sports qu’il rejoint au terme de la saison 1988-1989. Mais si le jeune ailier avait apprivoisé le vestiaire des transporteurs abidjanais, le séjour chez les Aiglons était un défi de titan à relever. Le président d’alors, Simplice de Messe Zinsou, l’avait d’ailleurs prévenu à son arrivée :

« L’Africa est une grande équipe. Quand tu viens à l’Africa, si tu ne tues pas, tu seras tué. »

 

Bien évidemment, les débuts en Vert et rouge ne furent pas une partie de plaisir pour « Big man ». Toutefois, épousant l’esprit de la gagne prôné par le cacique oyé, il se mit à la tâche sans ménagement.

« On n’avait pas de primes pour les matches nuls. J’évoluais là dans un grand club, et j’avoue que mes débuts n’ont pas été faciles. Mais j’ai dû cravacher très dur parce que j’évoluais avec des personnes qui totalisent 40 à 50 sélections. Je devais m’imposer ; je me suis battu et j’ai gagné ma place »,

se félicitait-il, en 2010, dans des propos relayés par l’Intelligent d’Abidjan.

 

 

Réussir son premier démarrage pour enflammer le match

 

Alors, de son couloir gauche où il lui suffisait d’un minimum d’espace pour effectuer des centres, il a alimenté à merveille les attaquants du club vert et rouge : Ahmed Ouattara, Gabriel Okolosi, feu Dali Benoit. Mais pas que. Car Beugré Yago, c’était aussi un standard de 17 buts par saison. Autant dire un atout offensif de poids, un véritable poison pour les adversaires. L’Asec Mimosas, l’Al Alhy du Caire, le kwara United Football Club du Ghana se comptent parmi les nombreuses victimes du redoutable gaucher. Ils ont subi soit ses caviars soit ses coups de boutoir. D’humeur toujours joyeuse, et délesté de toute pression à l’approche des matches, Beugré Yago avait besoin de réussir son premier démarrage, son premier dribble pour enflammer le reste du match. Il était, pour ainsi dire, porté par les clameurs du public.

 

Champion d'Afrique, privé d'Europe...

 

 

En 1992, l’ailier Oyé est verni par le sort. Vainqueur de la CAN, il décroche, également, la Coupe des vainqueurs et la Super Coupe d’Afrique. Il aurait, légitimement, aimé poursuivre sa carrière en Europe. L’opportunité s’était même présentée avec l’AS Cannes (France). Mais, les dirigeants de l’Africa avaient refusé de le libérer. Un souvenir douloureux que le champion d’Afrique a longtemps traîné comme un boulet.

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D'où provient l'info

  • Source : Avec l'AFI
  • Mis en ligne par :
  • Date de publication :
  • Dernière mise à jour : Mer, 19 Fev 2020 à 17h 58
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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