CAN 2019 / Côte d’Ivoire : François Zahoui sceptique quant au poste de gardien mais confiant pour le reste

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CAN 2019 / Côte d’Ivoire : François Zahoui sceptique quant au poste de gardien mais confiant pour le reste

CAN 2019 / Côte d’Ivoire : François Zahoui sceptique quant au poste de gardien mais confiant pour le reste

Dans un entretien accordé à ONZE Mondial, l’ex-sélectionneur des Eléphants de Côte d’Ivoire a livré ses impressions sur cette 32è édition de la Coupe d’Afrique des Nations qui démarre ce 21 juin en Egypte. Confiant quant aux chances des Pachydermes, le Finaliste de la CAN 2012 a cependant émis quelques réserves sur cette équipe emmenée désormais par Kamara Ibrahim.


Prpoos recuellis par Rafael Da Silva pour ONZE Mondial

 

 

Premier joueur africain à avoir évolué dans le Calcio, François Zahoui (57 ans) actuel sélectionneur du Niger, s’est tout d’abord prononcé sur Le Mena et cette non-qualification pour cette CAN 2019, la première à 24 équipes et disputé en été.

Il faut préciser qu’il y avait deux gros morceaux dans notre poule avec la Tunisie et l’Égypte. Nous avons terminé à la troisième place de cette poule. Il nous manque clairement des moyens financiers et des infrastructures, c’est notre gros souci. Le Niger est un petit pays, mais avec une politique énorme pour le football. Les joueurs avaient notamment effectué une vidéo pour montrer qu’ils n’étaient pas contents des moyens accordés à l’équipe. Il fallait beaucoup d'ingrédients pour rivaliser, on ne les avait pas.

 

zahoui

 

Pensez-vous que le niveau de la CAN progresse au fur et à mesure des éditions ?

Le gros souci de la CAN, ce sont les infrastructures. Les terrains sur lesquels les joueurs s’expriment représentent un réel problème. Il y a aussi un problème concernant la recherche du jeu, la volonté d’en produire. Aujourd’hui, c’est le résultat final qui est privilégié. Le fait est qu’il y a un sytème de jeu typiquement africain : à l’instinct, très défensif, avec beaucoup d’organisation. Récemment, on a vu qu’en Ligue des Champions, les équipes qui sont allées loin sont les équipes qui mettent beaucoup d’intensité comme l’Ajax ou Liverpool.

 

Les critiques sur le niveau de jeu de la CAN sont-elles justifiées ?

Oui, les critiques sont à mon sens justifiées ! De toute façon, tout se voit, tout se sait. Même moi, j’ai besoin de critiques au Niger afin d’évoluer et de rectifier le tir. En Afrique, il y a une organisation du football, et du sport en général, très spectaculaire. Il y a une grosse évolution à l’échelle mondiale, il faut qu’on suive le wagon, avec toutes les compétitions, notamment en plaçant à la même période la CAN et la Copa America par exemple. Si on ne produit pas de spectacle, les gens ne vont pas regarder. Je pense que les pays doivent s’inspirer des clubs tels l’Espérance de Tunis ou le TP Mazembe qui produisent du jeu et marquent beaucoup de buts. Actuellement, j’estime que le niveau de jeu en Afrique n’est pas mauvais, mais on doit encore progresser.

 

On dit souvent qu’une CAN c’est spécial, que ce n’est pas une compétition comme les autres. Qu’a-t-elle de si particulier ?

En Afrique, la seule chose qui unit réellement les gens, c’est le sport. Avec le football, tout s’arrête. On retrouve le côté patriote des gens, tout le monde se sent concerné par son pays. Moi, par exemple, qui ai d’abord été joueur puis sélectionneur, quand on entend l’hymne national de son pays, il y a quelque chose de spécial qui se passe. La Coupe d’Afrique des Nations est le plus bel événement d’Afrique selon moi. C’est très intéressant de voir les meilleurs pays à l’oeuvre en l’espace de deux, trois semaines.

 

Quels sont vos favoris de cette CAN 2019 ?

L’Égypte possède un avantage, car c’est le pays organisateur. C’est aussi une très belle équipe, ils auront la pression devant leur public. Le Sénégal est également une bonne équipe qui a bien progressé, tout comme l’Algérie. Attention au Cameroun, le dernier vainqueur de la Coupe d’Afrique, une équipe qui se manifeste dans les grandes compétitions. Et puis, comme chaque année, il y aura un pays surprise. Et selon moi, cette année, le pays surprise sera la Mauritanie ! C’est leur première Coupe d’Afrique, on va les découvrir. Tout dépendra du premier match pour eux.

 

Mauritanie

Les Mourabitounes de la Mauritanie

 

 

Et vient la Côte d’Ivoire…

 

Votre pays, la Côte d’Ivoire, peut-il aller loin dans cette compétition ?

Évidemment ! Surtout quand on voit la progression d’un joueur comme Nicolas Pépé cette saison. C’est un pays qui a toujours eu de grands joueurs dans de grands clubs. Le problème, c’est l’association des talents, la création d’une cohésion d’équipe. Et le plus gros bémol, c’est le poste de gardien de but. Sinon, concernant les structures, la qualité des joueurs, il y a tout. La Côte d’Ivoire est une équipe dangereuse lorsqu’elle n’est pas favorite, quand elle n’a pas la pression du résultat.

 

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Jean Jacques Tizié (entraineur des gardiens de but de la sélection Ivoirienne) au travail avec Gbohouo Sylvain (TP Mazembe) et Cissé Abdoul Karim (ASEC Mimosas)

 

La nouvelle génération ivoirienne est-elle talentueuse ?

Oui, comme je l’ai dit, un joueur comme Pépé connaît une progression fulgurante cette année. Regardez un joueur comme Maxwel Cornet, il ne joue quasiment pas avec Lyon mais plante un doublé contre l’Olympique de Marseille. Je pense aussi à Wilfried Zaha, très bon à Crystal Palace. Un joueur comme Serey Die, encore sélectionné, ramène cette touche d’expérience nécessaire. Eric Bailly, qui est malheureusement blessé et forfait pour cette Coupe d’Afrique, est titulaire dans un club comme Manchester United.

 

Bailly

Eric Bailly victime d'une déchirure du ligament collatéral le 28 avril dernier face à Chelsea

 

En clair, on a vu ces garçons grandir dans les équipes de jeunes, il y a eu un suivi. L’exemple le plus marquant est celui du Sénégal, avec Aliou Cissé, il a pu côtoyer les joueurs dans les sélections de jeunes avant de prendre les rênes de l’équipe première. Aujourd’hui, c’est très important de voir des équipes comme la Côte d’Ivoire dans cette Coupe d’Afrique, car elle a beaucoup de talent, il faudra compter sur elle.

 

Vous avez été finaliste de la CAN 2012 avec cette équipe de Côte d’Ivoire, finale perdue face à la Zambie. Selon vous, quelle est la différence entre l’équipe de 2012 et celle d’aujourd’hui ?

Aujourd’hui, il y a une nouvelle génération, plus jeune. Il y a eu une excellente phase de transition. Lorsque je suis arrivé aux commandes de l’équipe en 2012, il y avait presque les mêmes joueurs qu'en 2006. Il fallait amener du sang neuf et accepter à un certain moment cette période de croissance. Le problème en Afrique, c’est qu’on veut des résultats immédiatement, l’émotion et la passion priment sur l’analyse et le projet. Il y a des pays qui n’arrivent pas à mettre de politiques sur le long terme. Le fait est qu’une Coupe d’Afrique permet réellement de faire mûrir une équipe.

 

 

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  • Source : Avec Onzemondial.com
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  • Dernière mise à jour : Ven, 17 Mai 2019 à 15h 03
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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