L’hommage poignant d’Aimé Tchétché à son défunt aîné Léon Gbizié

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L’hommage poignant d’Aimé Tchétché à son défunt aîné Léon Gbizié

L’hommage poignant d’Aimé Tchétché à son défunt aîné Léon Gbizié

Peu connu du jeune public, Feu Léon Gbizié rappelé à Dieu le mardi 02 avril 2019 aura marqué son époque et influencé une génération de footballeurs dont l’ex-International Ivoirien et Consultant sportif, Aimé Tchétché. Ce dernier lui a rendu un vibrant hommage dans lequel il revient sur leur rencontre dans les années 80, jusqu’à 2017 et ce match Côte d’Ivoire-Maroc à Abidjan…


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Hommage à Léon Gbizié : le Lion du Sporting club de Gagnoa

 

 

Léon Gbizié était l’un des meilleurs footballeurs de sa génération. Buteur exceptionnel et complet, celui qu’on appelait affectueusement "le lion", marquait aussi bien de la tête que des deux pieds. Le goaleador providentiel du Sporting club de Gagnoa, équipe avec laquelle il a été champion de Cote d’Ivoire en 1976, est décédé le mardi 2 avril dernier à Daloa, ville située à environ 300 kilomètres d’Abidjan, dans le centre ouest du pays. Dans ce papier, nous lui rendons hommage.

 

C’est en 1982 que Léon Gbizié me recommande auprès de Sylla Mamadou dit "Bab", entraineur de l’équipe du fromager. J’ai à peine 18 ans quand je fais mes premiers pas dans le milieu du football de haut niveau. Je sortais du championnat OISSU (Office Ivoirien des Sports Scolaire et Universitaires) avec l’équipe du CEG de Gagnoa. Nos rencontres se déroulaient au stade du collège St Jean et exceptionnellement au stade Victor Biaka Boda, lieu d’entrainement du Sporting. Léon me voit jouer et éprouve une affection pour moi. Moi qui l’adorais déjà pour ses performances sur les stades de Côte d’Ivoire. Un rêve de gosse qui se réalisait.

 

Malheureusement il quitte le Sporting pour le Stella club d’Adjamé, la même année, après avoir demandé à Soumaila Savané, Ben Bawa Gaston, Blio Gnadja Germain et Adama Ouattara (ses coéquipiers), de prendre soin de moi. Mais chaque fois qu’il venait à Gagnoa, il n’oubliait pas de me rendre visite et me donner des conseils. Quelques années après, nous nous perdons de vue parce qu’il a mis fin à sa carrière de footballeur. Le Lion était en fonction à Danané comme attaché de Greffe au tribunal, puis à Bonoua, où il prend sa retraite en tant que fonctionnaire.

 

Nos grandes retrouvailles ont lieu d’abord en 2007, à l’occasion des jubilés cumulés de Soumaila et Brobehi, que j’organisais à Gagnoa. Ensuite en 2012, à Adjamé 220 logements, pour la création de la mutuelle des anciens footballeurs de Côte d’Ivoire. Nos routes ne se séparerons plus.

 

 

Léon me parle de l’un de ses enfants, Serges Aurier

A l’une de nos nombreuses rencontres, Léon me parle pour la première fois de l’un de ses enfants, Serges Aurier, footballeur professionnel à Toulouse. La ressemblance est incroyable lorsque je découvre le solide garçon à travers la télévision. Serges, défenseur, à tout de son paternel : la puissance, la détente verticale et la vitesse. Il a tout pour faire une grande carrière. Le père met ses espoirs en son fils qui est sélectionné chez les Eléphants, notre équipe nationale. Entre temps, Léon devient "commissaire au match" grâce aux bons soins de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF). C’est le bonheur !

 

Quand les Eléphants remportent la CAN en 2015, Léon est encore plus heureux. Parce qu’il a toujours cru en cette équipe. Au point de me transmettre son optimisme avant le début de la compétition.

« Je crois en la capacité de dépassement de mes enfants, je suis sûr à 99 % que nous serons champion d’Afrique pour la deuxième fois »,

disait-t-il. Eh bien il a eu raison. Et nous avons ensemble pleuré de joie le soir de la finale. Il me disait également que ses gosses avaient réalisé ce que lui n’avait pas pu réussi. Que Dieu est formidable. Nous avons fait la fête avec eux, pour eux.

 

Il espérait une visite de son champion de fils…

Malheureusement, "le lion" est tombé malade. Il a fallu l’opérer de la colonne vertébrale et il ne s’en est jamais remis. Il lui faillait suivre une rééducation fonctionnelle. Léon n’en avait pas les moyens financiers et physiques. Je lui ai rendu visite à Angré, dans les environs du CHU, dans un appartement où il vivait avec un de ses fils, qui a abandonné son travail pour s’occuper de lui. Nous étions à une semaine du match retour contre le Maroc ici à Abidjan. Il espérait une visite de son champion de fils (Serge Aurier ndlr). Avant de me laisser partir, il souhaitait retourner dans son village à Daloa. Léon ne voyait plus très bien, il perdait la vue. Et finalement, en désespoir de cause, certainement, ‘‘Léonidas’’ était parti dans son bourg. D’où il ne reviendra plus jamais. Pour l’Eternité.

 

Le "lion" part en paix ! Tu n’auras pas vécu inutilement. Nous ne t’oublierons jamais. Les sportifs ivoiriens ne t’oublieront jamais. Que ton âme repose en paix. Adieu champion. Adieu mon ami. Adieu cher ainé.

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AIME TCHETCHE

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D'où provient l'info

  • Source : MondialSport.ci
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  • Date de publication :
  • Dernière mise à jour : Mer, 10 Avr 2019 à 01h 48
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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