Qu’est ce qui retarde le Champroux ? Où en est l’hôtel des Éléphants ? Ervé Siaba à la barre

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Qu’est ce qui retarde le Champroux ? Où en est l’hôtel des Éléphants ? Ervé Siaba à la barre

Qu’est ce qui retarde le Champroux ? Où en est l’hôtel des Éléphants ? Ervé Siaba à la barre

Membre du Comité Exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Ervé Siaba a en charge la Commission des Infrastructures. Il est également administrateur du Centre Technique National de Football (CTNF) de Bingerville. Dans cet entretien, il dresse l’état des lieux des stades utilisés pour les compétitions nationales et dévoile les projets en cours au CTNF.


  • Le Président Augustin Sidy Diallo vous a fait confiance en vous confiant la charge de la Commission des Infrastructures de la FIF. En quoi consiste votre rôle ?

Mon rôle, c’est de mettre en œuvre la politique d’infrastructures de la Fédération Ivoirienne de Football. Cela concerne aussi bien le siège que les différents stades utilisés pour les compétitions. Ainsi, je dois veiller à ce que les locaux qui abritent la FIF soient rénovés, propres et que tout ce qui concerne le bâtiment soit en bon état.

 

 

Vous avez vu qu’on a refait la clôture métallique, le gazon, la cour. Les carreaux et les vitres ont été lavés. Nous avons passé une couche de peinture à la Ligue Professionnelle, installé des panneaux signalétiques et un autre avec l’écriteau « Akwaba » pour dire bienvenu au siège de la FIF. En plus, nous avons en charge le suivi des travaux du Champroux.

 

  • En ce qui concerne le Champroux, qu’est- ce qui retarde son ouverture alors qu’on nous dit que les travaux sont achevés ?

Nous avons fini la pelouse du Champroux. On attend les lampadaires qui viennent d’Espagne. Il faut les installer. C’est après cela que le stade sera disponible pour les compétitions.

 

  • Qu’en est-il des complexes de Yopougon et Abobo et du Centre Technique National ?

Au niveau de Yopougon, un pan de la clôture du complexe était tombé. Nous avons érigé un autre mur et refait l’adduction d’eau. Il restait à séparer notre pelouse du reste du complexe sportif Jesse Jackson. C’est ce mur qui a été détruit par la mairie de Yopougon, en votre présence ce jour-là. Nous sommes en pourparlers avec la mairie pour voir dans quelle mesure reprendre les travaux pour protéger la pelouse qui nous a coûté 300 millions F CFA. Au Parc des Sports, nous avons refait l’éclairage en utilisant le matériel du Champroux. Au Centre Technique National de Bingerville, beaucoup de choses ont été faites et sont en train d’être faites. Nous avons fait la mise à niveau, le nettoyage. Les tôles enlevées par le vent ont été replacées. Nous attendons les moyens de la FIFA pour continuer les travaux que nous avons entamés.

 

  • Quels sont les projets à réaliser au Centre Technique National de Bingerville ?

Au centre technique de Bingerville, nous allons construire l’hôpital destiné aux Eléphants et nos partenaires. Tous les joueurs et encadreurs qui concourent au développement du football seront soignés. On doit ériger également le magasin de stockage des équipements des sélections nationales. Nous allons aussi rénover les bâtiments qui hébergent les formations des U20, U17, U15 et football féminin. Sans oublier la réfection de la piscine olympique qui se trouve au Centre Technique National de Bingerville. Nous avons également en projet la construction d’un hôtel cinq étoiles pour les Eléphants. Il aura une capacité de 60 chambres. Outre Bingerville, nous avons prévu d’ouvrir la boutique officielle des Eléphants au siège de la FIF. La maquette est déjà prête. Les travaux seront lancés bientôt. L’objectif est de faire en sorte que les répliquas des maillots soient vendus aux supporteurs à moindre coût.

 

Président, force est de constater que le Centre Technique de Bingerville, qui pouvait faire entrer de l’argent dans les caisses de la FIF, n’est pas exploité à sa juste valeur…

N’oubliez pas que le Centre Technique National a eu trop de soucis. Les grandes pluies de 2018 a fait des dégâts énormes. Vous êtes également sans ignorer que depuis près de trois ans, la FIFA ne nous finançait pas et elle a vu ce que nous avons fait sur fonds propres. La FIFA a repris ses financements avec la FIF. Avec les moyens qu’elle va nous donner, nous allons refaire la piscine, les dortoirs, etc. Le CTNF a été aussi retenu par le COCAN (Ndlr : Comité d’organisation de la CAN 2023). A ce titre, celui-ci va refaire les vestiaires. Les travaux vont commencer dans le mois de mars prochain.

 

  • On vous a souvent vu diriger des missions d’inspection pour l’homologation des stades. Quelles sont les conditions pour qu’un stade de football soit homologué pour la Ligue 1 et la Ligue 2 ?

La Commission des Infrastructures de la FIF est aussi chargée d’homologuer les stades devant accueillir les championnats de la Ligue Professionnelle et de la Ligue Amateur. En collaboration avec la Commission Centrale des Arbitres, nous effectuons des tournées pour constater l’état des terrains qui sont praticables. Pour cette saison, au niveau de la Ligue Professionnelle, lors de la manche aller, les terrains d’Aboisso Ayemouan, Agnibilekrou, Abengourou, Bondoukou, Daloa et Adzopé ne répondaient pas aux normes. Nous leur avons communiqué les différents points d’exigence. Par exemple, il faut que les dimensions des terrains en termes de longueur et de largeur répondent aux normes de la CAF et de la FIFA. En plus, une grille de sécurité séparant l’aire de jeu des supporters est obligatoire afin de préserver l’intégrité des acteurs sur la pelouse. Le stade doit également disposer de vestiaires et de toilettes pour les équipes et les officiels. Nous avons rencontré les responsables des clubs et nous leur avons demandé de faire ce minimum d’effort, même si c’est coûteux.

 

  • Quels sont les stades qui ont satisfait à ses exigences et qui sont autorisés à être utilisé pour les matches retour ?

Vous avez vu depuis la reprise des championnats de la Ligue Professionnelle, certains clubs sont retournés à la base. Je félicite le président des Fermiers d’Agnibilekrou, Abou Moussa. Il a fait réaliser tous les travaux qu’on lui a demandés et il reçoit ses matches à Agnibilekrou. Nous avons vu également ADFCA (ex-AFAK) du président Diakité, qui évolue à Adzopé. Des vestiaires et des grilles métalliques ont été installés car, lors de notre premier passage, il n’y avait pas de grilles métalliques. Vous savez, quand on visite les terrains, on fait un rapport qu’on transmit au président Sory Diabaté, président de la Ligue Professionnelle. C’est lui qui donne le ok sur la base des recommandations de notre rapport. Outre ces deux terrains, nous nous sommes rendus à Ayemouan à Aboisso. Le président Coulibaly Bakary de la RFC Aboisso a fait réaliser tous les travaux concernant la clôture du terrain, les vestiaires, les grilles et la pelouse. La Ligue professionnelle a homologué le stade.

 

  •  Quid des stades d’Abengourou, de Bondoukou et de Daloa ?

Le stade d’Abengourou ne répond pas aux normes. Nous avons constaté qu’il y a plus de cailloux sur le terrain que de gazon, sans oublier d’autres travaux à faire. A Bondoukou, nous avons exigé que les travaux soient bien faits. Les équipes de Bouaké ont demandé à jouer à Katiola. Nous avons effectué une mission à Katiola. Le stade est bien clôturé, mais il n’y a pas de grille de sécurité. En plus, la pelouse est en train d’être refaite par l’ONS (Ndlr : Office national des sports). Dans six mois, nous retournerons à Katiola pour voir si les travaux en cours répondent aux normes.

 

 

En ce qui concerne le stade de Daloa, la présidente d’Issia Wazi a fait un remarquable travail avec les toitures des tribunes, l’adduction d’eau, mais il manquait des choses comme des chaises et des bancs dans les vestiaires. En plus, la Ligue professionnelle a émis des réserves sur la qualité de la pelouse qui n’est pas arrosée. Nous leur avons faire savoir qu’on peut prendre une décision favorable la saison prochaine. Pourvu qu’ils arrivent à arrêter l’utilisation abusive du stade en interdisant notamment la pratique des cours d’EPS (Ndlr : éducation physique et sportive) dans ce joli stade. Avec l’ONS, nous allons voir comment la pelouse doit être refaite.

 

  • La FIF ne pourrait-elle pas aider Abengourou, Bondoukou et Daloa à refaire leurs pelouses ?

Nous avons dit aux clubs propriétaires d’un terrain, que la FIF peut les aider à hauteur de 20 millions F CFA. C’est ainsi que le président de l’Alliance de l’Indénié, qui dispose d’un terrain de six hectares, a reçu les 20 millions. L’Asec Mimosas a également bénéficié de ce financement. Nous attendons d’aller voir ce qu’ils ont fait avec les 20 millions. Ce n’est pas un audit, mais il s’agit de voir ce qu’ils ont fait avec l’argent perçu pour le terrain. Les clubs qui sollicitent cet appui avec les documents prouvant que c’est leur patrimoine, peuvent bénéficier de cette aide.

 

  • Qu’en est-il du FC San Pedro qui a un complexe sportif à Brofodoumé ?

Le FC San Pedro n’a pas encore sollicité cet appui. Ils ont une structure en construction. S’ils nous sollicitent, nous allons les aider.

 

  • Les complexes d’Abobo et de Yopougon vous ont coûté 600 millions (300 millions par complexe). A combien s’élèvent les dépenses pour le Champroux ?

Le Champroux, nous le faisons sur fonds propres à hauteur de 200 millions de F CFA. Le terrain étant déjà viabilisé, nous avons refait le système de drainage. La pelouse de 2007 a été enlevée et une autre de dernière génération a été installée. Nous avons essayé de la redresser un peu parce qu’il y avait un petit souci. Nous avons aussi remarqué qu’il y avait du gazon naturel qui n’était pas bien taillé. Nous l’avons remplacé par le synthétique. Dans les vestiaires, nous avons mis aussi du gazon synthétique.

 

  • Où en êtes-vous avec le litige qui vous oppose à la mairie de Yopougon ?

Nous avons rencontré le maire de Yopougon, avec le premier vice-président. Vous savez, tout ce que nous faisons, c’est pour la jeunesse. Les financements de la FIFA qui devaient servir au fonctionnement et d’autres choses, nous avons demandé à la FIFA que ceux-ci soient investis dans la construction des stades. Pour cette clôture détruite, nous avons investi beaucoup d’argent. Nous avons signé un contrat de 20 ans avec l’ONS pour montrer à la FIFA que ces terrains nous appartiennent.

 

  • C’est bien beau d’avoir des pelouses synthétiques, mais à quand les tribunes sur ces deux stades ?

La fédération n’a pas pour rôle de construire des stades, de faire des tribunes et d’éclairer les stades construits par l’Etat ivoirien. Mais, comme nous ne savons où organiser nos compétitions, nous sommes obligés de faire cet investissement. Avec le COCAN, on espère avoir des infrastructures et les clubs pourront retourner dans leur zone. Pour le moment, nous faisons ce que nous pouvons afin que les clubs puissent avoir des terrains pour s’entrainer et avoir de belles pelouses pour jouer.

 

  • Quel message pour les présidents de club ? 

Aux présidents de club, je demande d’être courageux et ambitieux. Ce sont des gens qui souffrent pour la cause du football, pour le bonheur des enfants des autres. Les gens pensent qu’on vient au football pour se faire de l’argent. Ce n’est pas le cas, même si cela est devenu un business. Il faut savoir que l’Amérique latine transfert beaucoup de joueurs, les Asiatiques et les Européens aussi. L’Europe est le seul marché que nous exploitons tous. Aujourd’hui, avec l’application du cahier de charges, si chaque joueur arrive à avoir un minimum de 300 à 400 000 F CFA chaque mois, nous pensons que les enfants n’iront pas se jeter en mer en quête de bonheur et notre championnat sera encore plus attractif.

 

Aujourd’hui, quand on voit l’AFAD ou le Racing Club jouer, on est émerveillé. En Ligue 2, nous nous battons pour aller en Ligue 1 car c’est la lumière.  Je vais lancer aussi un appel aux maires. Vous savez que la plupart des équipes de l’Intérieur du pays appartiennent aux municipalités, aux collectivités locales. Je leur demande de tout faire pour aider les clubs. Je demande spécialement au maire de Bouaflé de faire un effort pour revoir le terrain. Si rien n’est fait, la saison prochaine ce stade sera suspendu car, tous ceux qui y jouent nous font des rapports.

 

 

Source: Le Sport

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D'où provient l'info

  • Source : Fédération Ivoirienne de Football (FIF)
  • Mis en ligne par :
  • Date de publication :
  • Dernière mise à jour : Mer, 12 Fev 2020 à 10h 39
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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