Ce mardi, la RD Congo joue bien plus qu’un match : elle joue un rendez-vous avec son histoire.
Cinquante-deux ans après leur unique participation à une Coupe du Monde, en 1974, les Léopards se retrouvent à 90 minutes d’un retour que tout un pays attend depuis plus d’un demi-siècle. 1974, c’était une autre époque. Le président américain Richard Nixon quittait la Maison Blanche après le Scandale du Watergate, et Kinshasa entrait dans la légende du sport mondial avec le mythique « Rumble in the Jungle », ce combat resté dans l’histoire où Muhammad Ali avait fait tomber George Foreman sous les yeux du monde entier.
L’Afrique derrière les Léopards
À l’heure d’aborder ce match couperet, la RD Congo ne sera pas seule. Des messages venus de tout le continent témoignent du crédit retrouvé par cette sélection qui, depuis deux ans, a reconstruit sa crédibilité sportive, sous l'impulsion de Sébastien Desabre. De passage à Paris, le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, a ainsi salué la progression des Léopards, mettant en avant une équipe « disciplinée, difficile à bouger et portée par une vraie force collective ». Une reconnaissance qui en dit long sur l’image renvoyée aujourd’hui par la RD Congo dans le paysage africain. Le soutien dépasse même le cadre du rectangle vert. L’artiste franco-malien Mokobé, figure engagée du football africain dans la diaspora, a lui aussi affiché son encouragement, symbole de ces liens forts entre football, culture et identité africaine. Anciens joueurs, consultants et observateurs du football continental ont également pris position en faveur des Léopards, comme si ce match dépassait les seules frontières congolaises.
90 minutes pour basculer
Reste désormais l’essentiel : le terrain. Dans ce genre de barrage, la dimension mentale pèse souvent aussi lourd que la qualité technique. La RD Congo devra gagner la bataille du milieu, couper les transitions rapides des Jamaïcains et surtout se montrer chirurgicale dans les zones de vérité. Le plan est simple : refuser un match fou qui favoriserait la vitesse des Reggae Boyz et imposer au contraire un combat structuré, intense, fidèle à ce que Sébastien Desabre a patiemment construit.
Quatre-vingt-dix minutes pour effacer 52 ans d’attente. Quatre-vingt-dix minutes pour envoyer tout un peuple en Coupe du Monde. Quatre-vingt-dix minutes pour rappeler que la RD Congo n’a jamais cessé d’être une grande nation de football.
















