Son arrivée à l'Académie MimoSifcom, la raison de l’arrêt de sa carrière à 29 ans, l’anecdote sur Copa… Badjan se livre

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Son arrivée à l'Académie MimoSifcom, la raison de l’arrêt de sa carrière à 29 ans, l’anecdote sur Copa… Badjan se livre

Son arrivée à l'Académie MimoSifcom, la raison de l’arrêt de sa carrière à 29 ans, l’anecdote sur Copa… Badjan se livre

Issu de la première génération de l’Académie MimoSifcom, l’ancien latéral droit du club jaune et noir aura marqué son temps. Aujourd’hui âgé de 39 ans, l’ex sociétaire du FC Istres est revenu sur ses plus belles heures en carrière mais aussi celles qui ont préjudiciable dans sa carrière.


Entré à l’Académie MimoSifcom à l’âge de 13 ans, le latéral droit international ivoirien, KANTÉ Seydou Badjan, a passé une dizaine d’années à l’ASEC Mimosas qui l’ont fortement marqué et dont il parle avec plaisir dans cette interview. Aujourd’hui, à 39 ans, il vit une retraite paisible avec sa famille dans la ville de Roland, dans le sud de la Belgique.

 

 

Que devenez-vous, KANTÉ Seydou Badjan ?

 

Je vis avec ma famille à Roland, dans le sud de la Belgique, près de la frontière luxembourgeoise. Je gère des affaires entre la Belgique et la Côte d’Ivoire et je m’en sors bien, grâce à Dieu.

 

Votre nom et vos prénoms sont KANTÉ Seydou Badjan à l’état civil. Pourquoi vos encadrants de l’époque à l’Académie qui avaient tendance à vous donner des surnoms ont-ils conservé Badjan, l’un de vos prénoms ?

 

En fait, mes prénoms à l’état civil sont Seydou Badian. Mais nos encadrants de l’Académie MimoSifcom, à l’époque, disaient Badjan et cela m’est resté.

 

Comment êtes-vous entré à l’Académie MimoSifcom ?

 

En fait, quand j’avais 13 ans, en 1994, je jouais dans une équipe de quartier à Treichville. Au cours d’un match au Parc des Sports, des reporters de l’ASEC Mimosas m’ont repéré avec deux autres coéquipiers (DIAWARA Abdoulaye et KANOUTÉ Aboubacar). Ils nous ont appelés pour prendre nos contacts et le photographe Ahmed MALOLO nous a fait des photos qu’ils sont allés remettre à Jean-Marc GUILLOU, le premier Directeur de l’Académie MimoSifcom. Coach Jean-Marc a envoyé ensuite son collaborateur AMUAH Lambert nous chercher au quartier pour des tests qui ont été concluants pour DIAWARA Abdoulaye "Diabis" et moi-même. Malheureusement, KANOUTÉ Aboubacar n’a pas été retenu.

 

Quel a été votre itinéraire sportif ?

 

Je suis arrivé à l’ASEC Mimosas en 1994. J’ai suivi une formation de sport et études durant 5 ans à l’Académie MimoSifcom. Puis j’ai joué 5 autres années (de 1999 à 2003) en équipe professionnelle du club avant de partir pour le KSK Beveren, en Belgique, où je suis resté 4 saisons (de 2003 à 2007). Après la Belgique, je me suis retrouvé en France, à Istres qui évoluait en National pour une saison (2007-2008). À cause d’une blessure récalcitrante à la cheville contractée lors d’un match contre Costa Do Sol du Mozambique en Ligue des champions, j’ai dû arrêter ma carrière à 29 ans.

 

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Êtes-vous satisfait de la carrière que vous avez menée ?

 

Sincèrement, j’ai des regrets. Quand je regarde ma carrière, cela me laisse un goût d’inachevé parce que sans ma blessure à la cheville qui a été très handicapante, ma carrière aurait pu être meilleure que celle que j’ai connue.

 

Pourquoi avez-vous décidé de quitter le milieu du football ?

 

C’est à cause d’une grande déception liée à cette blessure qui m’a contraint d’arrêter prématurément ma carrière. Cela m’avait beaucoup affecté en son temps si bien que j’ai décidé de quitter le milieu du football pour monter des affaires et gagner ma vie.

 

Quel a été votre coéquipier le plus fort ?

 

Vous me posez une colle. On était tous très forts. Chacun de nous avait ses qualités et on était tous complémentaires pour former un groupe harmonieux et produire un jeu cohérent et plaisant.

 

Quel a été votre adversaire le plus fort au niveau national ?

 

Je n’en ai pas connu personnellement parce qu’en tant que latéral droit vif, technique et offensif, c’est moi qui posais plutôt des problèmes à mes vis-à-vis et aux latéraux gauches adverses. Mais il y a deux équipes au niveau national qui nous poussaient à l’épuisement. Ce sont l’Africa Sports d’Abidjan des frères KEITA (Fadel et Kader) et le Stella Club d’Adjamé.

 

Et au niveau international ?

 

C’est un ailier gauche Egyptien qui m‘avait posé beaucoup de problèmes lors d’un match qualificatif pour les Jeux Olympiques. Je ne me rappelle plus son nom, mais il s’était montré tellement offensif et agressif qu’il avait réussi à m’empêcher d’animer mon couloir droit comme d’habitude.

 

Quel est celui qui avait le plus l’esprit professionnel ?

 

 

J’en vois trois : Copa BARRY, TOURÉ Kolo et Aruna DINDANE. Ils étaient très rigoureux, disciplinés et acharnés dans le travail. Ils ne négligeaient rien et prenaient même grand soin de leurs équipements sportifs. Quand je vois leur parcours sportif, je me dis qu’en plus de la chance qu’ils ont eue, ils ont fait beaucoup d’effort dans la rigueur et la discipline.

 

Quel a été votre coéquipier le plus sympathique ?

 

C’est KOUTOUAN Nantcho Antonin qui amusait le groupe et créait une bonne ambiance.

 

Avec qui vous entendiez-vous le plus sur le terrain ?

 

Je m’entendais bien avec tous les coéquipiers sur le terrain comme dans la vie. On formait un groupe harmonieux, une équipe sur le terrain et une famille en dehors.

 

Quel est le coéquipier que vous avez perdu de vue et que vous aimeriez revoir ?

 

Je pense à AMUAH Diaky Ibrahim. On ne s’est pas vu et on n’a pas communiqué depuis quelques années.

 

Quel est l’entraîneur qui vous a marqué le plus à l’ASEC Mimosas ?

 

Je considère plus Jean-Marc GUILLOU comme notre formateur plutôt que comme entraîneur. Il nous avait seulement accompagnés pendant une saison dans l’élite avant de nous laisser entre les mains d’autres entraîneurs qui sont Michel DECASTEL, Idrissa TRAORÉ dit Saboteur et AKA Kouamé avant que je parte pour Beveren. Mais des trois techniciens, c’est Saboteur qui m’a marqué le plus. Il ne m’a pas fait de cadeau quand il est arrivé. Il m’a mis sur le banc pendant un moment. Il m’a contraint à donner le meilleur de moi-même pour redevenir titulaire. Cela m’a été bénéfique.

 

Peut-on connaître le meilleur souvenir de votre carrière ?

 

Comme tous les jeunes de la première promotion de l’Académie MimoSifcom, c’est notre victoire en Super Coupe d’Afrique des clubs qu’on a remportée (3-1) le 7 février 1999, au stade FHB, face à l’Espérance Sportive de Tunis. Ce match reste le meilleur souvenir de ma carrière parce que c’est de là que tout est parti pour nous.

 

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Et votre mauvais souvenir ?

 

C’est ma blessure à la cheville contre Costa Do Sol du Mozambique en quarts de finale de la Ligue des champions qui a fait basculer ma carrière sur une mauvaise pente.

 

Y a-t-il une défaite qui vous a le plus peiné à l’ASEC Mimosas ?

 

C’est celle qu’on a subie (4-0) en demi-finales de la Ligue des champions, en 2002, au stade Mohamed V de Casablanca, face au Raja CA. Je n’avais pas pu disputer les deux matchs (aller et retour) à cause de ma blessure à la cheville. Après avoir gagné (2-0) à Abidjan grâce à deux buts de N’DRI Koffi Romaric, je pensais qu’on se qualifierait au match retour, au Maroc parce qu’on avait l’une des meilleures équipes de la compétition. Malheureusement, on a été éliminé dans des conditions difficiles. C’est la seule défaite qui m’a beaucoup attristé.

 

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Avez-vous une anecdote que vous n’avez jamais osé raconter ?

 

Je me souviens qu’à l’Académie MimoSifcom, Madinho avait l’habitude de se moquer de Copa BARRY. Un jour, alors qu’on était tous dans le hall, on a vu tout à coup Madinho courir et Copa qui le poursuivait. Ce dernier semblait très en colère. Il a poursuivi Madinho pendant un bon moment et on se disait que s’il le rattrapait, il ne lui ferait pas de cadeau. Mais lorsqu’il l’a rattrapé, il l’a regardé pendant une minute environ et ne lui a rien fait. On s’est tous mis à rire en disant tout ça pour ça ?

 

Que pouvez-vous dire pour clore cet entretien ?

 

Je voudrais remercier Me Roger OUÉGNIN pour ce qu’il a fait pour nous et le remercier pour ce qu’il fait pour l’ASEC Mimosas. Il fallait être lui pour prendre le risque d’écarter la grande équipe de l’ASEC Mimosas qui venait de remporter la Ligue des champions pour faire jouer à la place de celle-ci les jeunes de la première promotion de l’Académie MimoSifcom. Mais il y a cru et a gagné son pari. Je loue ensuite sa longévité (31 ans) à la tête d’un grand club difficile comme l’ASEC Mimosas sans cesser d’innover, de construire et de faire rêver les Actionnaires et les Ivoiriens.

 

 

Pour moi, il reste le plus grand dirigeant du continent. Respect, Monsieur le PCA ! L’organisation qu’il a mise en place a permis au club de résister à toutes les turbulences pour demeurer le meilleur du pays et l’un des meilleurs du continent. Je pense que ce sera encore le cas pendant des décennies. Je souhaite que l’ASEC Mimosas continue de former de grands joueurs pour le football ivoirien. Je suis entré dans ce club à 13 ans et j’y ai passé 10 belles années, sans doute les meilleurs de ma vie. Je prie beaucoup pour l’ASEC Mimosas.



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D'où provient l'info

  • Source : ASEC Mimosas
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  • Dernière mise à jour : Jeu, 08 Oct 2020 à 15h 32
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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