Ses débuts, son passage en Espagne, des contacts avec Gasset, Didier Drogba, la CAN 2023, … Cheick Doukouré se prononce

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Ses débuts, son passage en Espagne, des contacts avec Gasset, Didier Drogba, la CAN 2023, … Cheick Doukouré se prononce

Ses débuts, son passage en Espagne, des contacts avec Gasset, Didier Drogba, la CAN 2023, … Cheick Doukouré se prononce

Champion d’Afrique 2015 avec les Eléphants de Côte d’Ivoire, le milieu de terrain de l’Aris Salonique a accordé une interview à Onze Mondial où il a abordé plusieurs sujets dont son ambition de revenir en sélection de Côte d’Ivoire.


Son enfance

 

 

Je suis né en Côte d’Ivoire. Je suis parti avec mes parents à l’âge d’un an en France. J’ai eu le parcours type d’une famille qui immigre en Occident. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont tout fait pour que leurs enfants ne manquent de rien même si on a vécu dans des conditions précaires du côté d’Aubervilliers. Mais on a tout fait pour s’en sortir. Toi-même tu le sais, quand tu vis dans les quartiers, surtout en région parisienne, le football c’est une religion. Je suis tombé dedans comme tous les jeunes enfants de région parisienne. Ensuite, j’ai eu ma première licence à l’âge de sept ans. Au départ, le football n’était pas forcément un objectif car mes parents voulaient que j’ai un métier disons stable, assez valorisé. C’est par la suite que j’ai pensé à devenir professionnel. Moi je n’avais qu’un an, donc ça allait. C’est surtout pour mes parents que c’était compliqué pour s’adapter à une nouvelle façon de vivre. Moi je n’ai rien ressenti, je suis allé à l’école comme tous les enfants, j’ai eu des amis comme tous les enfants. Ma mère nous a inculqué les valeurs ivoiriennes et je parlais avec le reste de la famille par téléphone.

 

Ses débuts dans le foot

 

Ils m’ont détecté à un tournoi de jeunes. Il y avait beaucoup d’équipes qui nous supervisaient comme le PSG, Nantes, Lille…Mais avec ma famille on a choisi Lorient car on a jugé que c’était l’équipe qui me permettrait d’avoir un parcours aussi bien footballistique que scolaire. C’était très important pour mes parents que j’ai un bon parcours sur le plan éducatif. J’étais très heureux. En plus, en m’éloignant de ma famille, ce départ à Lorient m’a permis d’être plus indépendant et c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je pouvais percer dans le football. J’en avais besoin. J’ai mis tous les moyens de mon côté pour y arriver. Je me suis privé de beaucoup de choses à cette époque-là. Je me suis mis dans une bulle quand je suis arrivé à Lorient, je me suis coupé de toutes distractions. Je connaissais aussi ma situation familiale et je devais réussir pour sortir ma famille de la galère. J’avais fait toute ma formation à Lorient. J’étais un petit peu dans un confort. Il fallait que je me fasse violence et c’était le bon moment pour le faire. Épinal, ce n’était pas la destination que j’avais choisi mais par concours de circonstances, je me suis retrouvé là-bas. Il y avait ce projet de monter en Ligue 2. Malheureusement, on n’y est pas arrivés mais on avait fait un beau parcours en Coupe de France (éliminé en huitième de finale par Lens, ndlr). On avait éliminé Lyon et Nantes. J’ai pu engranger de l’expérience et rencontrer ma femme. On va dire que c’est une expérience qui n’était pas « négative ». D’un point de vue sentimental, elle a plus que bien servi (rires).

 

Son départ de Lorient pour Metz

 

Christian Gourcuff était sur le départ, moi j’étais en fin de contrat. Sylvain Ripoll (son successeur, ndlr) m’a parlé. Il y avait énormément de joueurs à mon poste, il m’a donc demandé d’attendre et m’avait dit que je serais en quelque sorte le « troisième milieu de terrain », c’est-à-dire important mais pas titulaire indiscutable. Au début, j’ai attendu. Mais le temps passe et dans ces moments-là, ce n’est jamais facile de rester tranquille. Metz s’est donc présenté avec un beau projet. J’ai choisi d’y aller. Le jour où j’ai signé à Metz, je suis sur le chemin du retour, et Sylvain Ripoll m’appelle me dit que c’est bon, qu’il a l’intention de me refaire signer un nouveau contrat. Je lui dis cependant que j’ai signé à Metz mais il l’a bien pris, il a été footballeur, il a compris. Et je ne regrette pas, Metz est le club qui m’a permis de passer un cap. J’arrivais encore à la fin d’un cycle. Je n’avais plus grand-chose à prouver. Je voulais découvrir autre chose, je n’aime pas rester dans mon confort, j’aime bien les défis. J’avais 23-24 ans, un moment important dans ma carrière où on prend de la valeur. J’avais des contacts avec des clubs français comme Toulouse mais j’ai fait le choix de l’étranger.

 

Son passage en Espagne

 

Levante était le club qui m’avait montré le plus d’intérêt avec un projet intéressant. Le choix de l’Espagne était réfléchi, à cette époque-là, c’était le meilleur championnat du monde avec les meilleurs joueurs (Ronaldo, Messi). C’est ça qui m’a convaincu. C’était une opportunité que je ne pouvais pas refuser. Évoluer, oui c’est certain. J’ai appris beaucoup de choses, beaucoup de gens ne se rendent pas compte à quel point on évolue là-bas. C’est vraiment impressionnant comment les Espagnols voient le football. Tout est dans le détail sur le plan technique, tactique, tout est très bien organisé. La formation espagnole a un excellent niveau. Sur le plan personnel, je suis satisfait de mon passage mais il y a eu aussi beaucoup de complications avec mes blessures ce qui fait que j’ai un petit goût amer. J’avais les qualités pour m’imposer dans ce championnat. Quand je suis arrivé à Levante, ça se passait bien, j’enchaînais les matchs. Je me suis fait mes premiers croisés lors de ma deuxième saison. Et après, ça s’est malheureusement enchaîné. Finalement, ça m’a fait grandir, ça m’a forgé. C’est là où tu vois si ce métier est fait pour toi. Il y a eu des moments de doute, c’est sûr. Mais j’ai vu que mon mental était fort, il n’y a rien qui m’arrêterait. Le travail fait partie de moi, je ne me suis jamais dit que ça serait fini.

 

Son arrivée à Aris Salonique

 

C’est un club qui prend de l’ampleur ces dernières années et qui vise l’Europe, ce qui est l’un des grands objectifs de ma carrière. Je pense que j’ai fait le bon choix car on s’est qualifié pour les tours préliminaires de la Ligue Europa Conférence (deuxième tour de qualification). Elle a été bonne. Quand je suis arrivé, les places européennes, c’était loin d’être gagné. On a vraiment montré du caractère surtout au moment de commencer les play-offs. On a enchaîné des grosses victoires contre de gros clubs. Le bilan est positif même si on aurait pu faire mieux dans certains matchs. Je pense qu’on aurait pu terminer plus haut car on a vraiment de très bons joueurs. La saison prochaine, il faudra voir comment on abordera le championnat, quels seront les objectifs du club. Je pense qu’ils seront les mêmes même si je pense qu’on peut viser encore plus haut. Pendant le match, pas grand-chose car tu restes concentré. Mais il est vrai que ce n’est jamais facile de commencer une aventure dans un nouveau club, dans un nouveau pays. Ce but c’était une première étape car les supporters ont pu me voir à l’œuvre dans un derby. Le plus important c’est que ce but a donné la victoire à l’équipe alors qu’on sortait de deux défaites. C’était vraiment le bon moment pour marquer et par la suite enclencher une nouvelle dynamique. Cela permet aussi de rentrer dans le cœur des supporters, qui m’ont envoyé de nombreux messages après.

 

Son regard sur le Championnat Grec

 

C’est un championnat de très bonne qualité. Si je devais le définir, je dirai que c’est un championnat plus axé sur la technique que sur le physique. Il y a des joueurs avec une très belle aisance technique, avec de belles ressorties de balle. C’est un jeu qui ressemble un peu plus à l’Espagne. Il y a beaucoup de joueurs hispanophones, ça hausse le niveau du championnat. Il y a un très bon niveau. En termes de ferveur, je pense que oui. Les supporters sont à fond derrière leur équipe, il y a une énorme passion. Dans les stades, il y a toujours eu de très belles ambiances. J’ai été choqué par l’ambiance qu’on a eu lors du match qui nous permet d’accrocher les barrages de Ligue Europa Conférence contre l’AEK Athènes. Les supporters ont été incroyables, je pense que c’est l’une des meilleures ambiances que j’ai vécu dans ma carrière.

 

Son avenir avec Aris 

 

(Il rigole) Avec, avec. Je suis pleinement concentré sur l’Aris. Je viens d’arriver il y a six mois. L’aventure commence bien, je suis déjà focalisé sur la prochaine saison d’un point de vue collectif et individuel, rendre la confiance qu’on m’a donné. Je ne pense à rien d’autre que ça. (Il rigole à nouveau). Il n’y a pas de question de départ. Il me reste encore deux ans de contrat, on a bien commencé l’aventure. Le club et moi avons de continuer et nous voulons voir jusqu’où ça peut nous amener. Il n’est pas question d’un départ. Des sollicitations, il y en a toujours. Aujourd’hui, mon objectif c’est l’Aris Salonique et rien d’autre. J’ai envie de donner beaucoup de choses à ce club. J’ai des objectifs collectifs et individuels à accomplir.

 

Son objectif de retrouver la sélection de Côte d’Ivoire

 

C’est l’objectif absolu, c’est vraiment un rêve d’enfant. J’ai toujours voulu porter le maillot qui représente mon pays, celui de mes parents. Il n’y a pas plus grande fierté pour moi que d’entendre l’hymne national retentir. C’est la plus grande récompense de tout footballeur. C’est difficile. La sélection, un moment donné, quand tu t’y es habitué, c’est dur d’en sortir. J’avais toujours l’objectif d’être bon en club pour y aller. Quand tu as l’annonce de la liste, tu as toujours envie d’entendre ton nom. Depuis un moment, ce n’est plus le cas. C’est normal avec toutes les blessures que j’ai eu. Mais aujourd’hui, j’ai vraiment retrouvé le rythme et c’est ce que je recherchais depuis des années. J’espère, à force de travail, retrouver la sélection car de belles échéances arrivent notamment la CAN en Côte d’Ivoire en 2023. C’est un objectif que j’ai en tête. Je pense que mon histoire avec la sélection n’est pas terminée. Au moment où je me blesse, à la veille de la CAN 2019, j’avais marqué mon premier but international. À partir du moment que je suis bien physiquement et que je suis bon dans mes performances, j’espère reprendre l’aventure avec la sélection.

 

La CAN 2023 en Côte d’Ivoire

 

 

Il n’y a pas meilleure motivation. On a envie de vivre la meilleure émotion possible mais aussi en donner aux Ivoiriens. On aura toute la force pour espérer la gagner. Il y a des joueurs exceptionnels dans cet effectif, de nouveaux sont encore arrivés depuis mon départ. La France l’a découvert en mars dernier. C’était une belle vitrine pour nous, on a pu montrer nos qualités. Il y a beaucoup d’engouement et j’ai envie d’en faire partie.

 

Ce qu’il pense de Beaumelle

 

Je le connaissais déjà car c’était l’adjoint d’Hervé Renard à l’époque. J’ai eu une très belle histoire avec lui. C’est quelqu’un que j’apprécie, c’est une bonne personne. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de l’avoir comme coach car quand il a pris l’équipe, j’étais blessé. Il m’avait appelé pour me témoigner de son soutien. On avait des contacts mais après il y avait une équipe en place et moi je n’arrivais pas à enchaîner. Malheureusement, c’est le football. Il peut être cruel. Il a aussi fait des choses positives notamment ce match contre la France et le match de la dernière CAN contre l’Algérie. Le foot ça se joue sur les résultats et le fait de ne pas s’être qualifié pour la Coupe du monde et de ne pas être allé très loin à la CAN, ça a joué en sa défaveur. Je lui souhaite le meilleur, comme Hervé Renard, c’est une personne droite et juste et on aura toujours en commun cette victoire à la CAN.

 

Le sacre à la CAN 2015

 

C’est le plus beau moment de ma carrière. Déjà car j’ai pu ajouter un premier titre à mon palmarès. En plus, c’est là où j’ai connu mes premières sélections internationales. Avoir pu jouer avec des joueurs comme Yaya Touré, Kolo Touré, Salomon Kalou, Gervinho, Cheick Tioté…Cette CAN a été très enrichissante pour moi, c’est mon plus bel accomplissement et puis avoir rendu tout le pays heureux, il n’y a pas plus grande fierté. Je me souviens aussi des sourires de ma famille. On s’est tous réunis pour faire la fête chez moi. Je ne pourrai jamais l’oublier et je pourrai dire à mes enfants que Papa il a gagné la Coupe d’Afrique.

 

Des contacts avec le nouveau sélectionneur Jean Louis Gasset

 

Pas encore. Forcément, je le connais, c’est un très bon entraîneur. Il a entraîné de nombreuses équipes en France, a été l’adjoint de Laurent Blanc en équipe de France et au PSG. Mais je n’ai pas encore eu de discussions avec lui.

 

L’élimination pour la Coupe du monde et la prestation à la CAN

 

Ça s’est joué à des détails. Je ne pense pas qu’on a été surclassés. Chacun des matchs qu’on a fait, on a bien joué. Malheureusement, il nous manque la maturité qu’on avait avant avec des joueurs comme Didier Drogba ou Yaya Touré qui savaient être là dans les moments clés. Ça se joue vraiment à des détails. Le constat est difficile à faire mais voilà, il faut encore progresser dans certains domaines. En général, on a montré une belle image. Mais là encore, ça se joue à des détails. Les matchs qu’on doit gagner, on les négocie mal. Comme je l’ai dit tout à l’heure, ça s’est joué sur des erreurs d’inattention, de marquage. C’est dommage. Sur le plan du jeu, on a plutôt été constants. On tombe aux tirs au but contre l’Égypte. La CAN 2019 c’était pareil contre l’Algérie où on perd aux pénaltys. Le niveau de jeu est meilleur qu’à un certain moment mais il y a toujours ces erreurs qui nous font défaut.

 

Les moments forts de sa carrière

 

La victoire à la CAN et la signature de mon premier contrat professionnel sont bien évidemment des moments forts. Mais les meilleurs, je dirais que ça serait à Aubervilliers, dans mon tout premier club. Ça peut paraître bête, mais je suis très reconnaissant. Les souvenirs que j’ai quand on se partageait des bouts de gâteaux en allant sur le terrain, nos briques de jus d’orange…On était dans notre galère mais on s’y plaisait. Ça te prépare à accepter beaucoup de choses pour plus tard. Tu te rappelles toujours des conditions d’avant. Et tu peux relativiser tout en te remettant dans le droit chemin. Ce sont des choses importantes de la vie, qui se transmettent aussi dans le football.

 

Didier Drogba son idole

 

J’ai toujours eu Didier Drogba comme idole. Ce n’est pas très original (rires). J’aurais pu te dire autre chose mais non. Drogba, pour chaque Ivoirien, c’est l’exemple de réussite. C’est typiquement le parcours du joueur qui part de son pays et qui vient en France, un peu comme moi. Il vient se battre contre l’adversité. Ça a été une légende en tant que joueur et sur le plan humain c’est quelqu’un qui a la classe, très reconnaissant, qui a aidé le pays en temps de guerre. C’est LA référence. Comme joueur que j’admirais, j’avais aussi Ronaldinho et Zidane. En étant jeune, c’étaient mes joueurs préférés et aussi Yaya Touré qui jouait à mon poste.

 

Sa reconversion après le football

 

 

J’aimerai bien rester dans le monde du football, être entraîneur ou directeur sportif. Je pense que c’est là où je m’épanouis le mieux. Je suis un fan du jeu vidéo Football Manager, j’adore gérer un effectif, recruter des joueurs, mettre en place des tactiques. Donc ouais pourquoi pas entraîneur ou directeur sportif, c’est ce dont j’aurais envie.

D'où provient l'info

  • Source : MondialSport.ci
  • Auteur :
  • Date de publication :
  • Dernière mise à jour : Lun, 13 Jun 2022 à 17h 25
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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