Son arrivée à l’ASEC, son pari fou avec Roger Ouégnin, sa reconversion, … Seydou Diarra se livre

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Son arrivée à l’ASEC, son pari fou avec Roger Ouégnin, sa reconversion, … Seydou Diarra se livre

Son arrivée à l’ASEC, son pari fou avec Roger Ouégnin, sa reconversion, … Seydou Diarra se livre

Après 9 ans passés à l’ASEC Mimosas, l’ancien portier des jaunes et noirs est revenu sur les moments forts de son passage au club dont le pari fou qu'il a remporté avec son Président.


Que devenez-vous ?

 

 

Je demeure dans le milieu du football en ma qualité de président de la première Promotion des Entraîneurs de Maracana de Côte d'Ivoire. Parallèlement à cette activité, je fais mes propres affaires.

 

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Comment êtes-vous arrivé à l’ASEC Mimosas ?

 

J’ai commencé au Stade d’Abidjan. En intersaison 1992-1993, j’ai été contacté par feu Brahima Ouédraogo, l’ancien Coordinateur administratif de l’ASEC Mimosas pour jouer chez les Jaune et Noir. C’était un challenge à ne pas rater. Je pense avoir su saisir ma chance.

 

Quel a été votre parcours après l’ASEC Mimosas ?

 

Après avoir été sociétaire de l’ASEC Mimosas de 1992 à 2001, j’ai signé à la JCA mais pour cause de maladie, je n’ai pas pu évoluer avec les Abidjanais. Certains journaux m’avaient déclaré pour mort. Dieu merci, je suis en vie.

 

Êtes-vous satisfait de votre carrière de footballeur ?

 

Tout à fait satisfait. Je rends gloire à Dieu car le football m’a tout donné. Je n’ai certes pas eu la chance de jouer hors de mon pays en professionnel mais je n’ai pas à rougir de ce que j’ai pu avoir sur place, grâce au football.

 

Quel a été votre coéquipier le plus fort à l’ASEC Mimosas ?

 

Ben Badi reste pour moi le plus talentueux, le plus doué. Sa technique était innée. Il était capable à lui tout seul de faire basculer une rencontre en notre faveur. Dieu seul sait les primes de match qu’il nous a fait gagner.

 

Quel est le vis-à-vis le plus fort qui vous posait des problèmes au niveau national ?

 

J’avais du respect pour tous les attaquants adverses. Ils ont tous été des clients sérieux. À la moindre erreur, ils pouvaient vous planter un but.

 

Et au niveau international ?

 

Je redoutais le défenseur central égyptien d’Ismalia SC, Amza Al Gamal. Il avait un bon coup de pieds. Lors de notre double confrontation en demi-finale de la Coupe d'Afrique des Clubs Champions en 1995, il m’a tenu en haleine.

 

Avec quel coéquipier vous entendiez-vous le plus sur le terrain ?

 

Je dirai Dao Lassina. Il était mon voisin de chambre en équipe nationale comme à l’ASEC Mimosas. Naturellement cela a créé une belle complicité entre nous, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Autrement dit, j’avais de bons rapports avec tous mes défenseurs.

 

Quel est celui qui avait le plus l’esprit professionnel ?

 

À notre époque, la charte du club était scrupuleusement respectée par l’ensemble des joueurs. Je pense que c’est toujours le cas. À la différence certainement que les joueurs de mon époque étaient très consciencieux. Des humains que nous sommes, il pouvait y avoir quelques laisser-aller mais nous ne perdions pas de vue l’essentiel. À savoir l’esprit de groupe et le professionnalisme qui caractérise un grand club.

 

Quel était votre coéquipier le plus sympathique ?

 

C’était Baloki Milandou Florent (Paix à son âme). Il était certes réservé mais ne demeurait pas moins un grand chambreur. Il était très sympathique.

 

Quel est celui que vous avez perdu de vue et que vous aimeriez revoir ?

 

J’aimerais bien revoir John Zaki dit le Lion de Gbôkô. On ne s’est plus revu depuis notre séparation en 1998. Le contact que nous avons via les réseaux sociaux, ne saurait étancher ma soif de le revoir.

 

Et l’entraîneur qui vous a marqué le plus à l’ASEC Mimosas ?

 

Indubitablement, je dirai Oscar FULLONE. Ses méthodes nous fascinaient. Il était un grand psychologue qui avait l’art de savoir tirer tout en douceur son groupe vers le haut. Il était pour moi plus paternaliste qu’entraîneur. Cela n’enlève rien à ses connaissances techniques qui ont fait de lui le seul entraîneur de l’ASEC Mimosas vainqueur de la Ligue des Champions en 1998.

 

 

Quel est le meilleur souvenir de votre passage à l’ASEC Mimosas ?

 

Pour avoir conduit deux fois l’équipe en finale de la Coupe d’Afrique et remporté cette Ligue des Champions lors de la deuxième tentative restent des souvenirs inoubliables.

 

Et votre mauvais souvenir ?

 

On ne le dira jamais assez c’est cette finale perdue en 1995. C’était la toute première finale de l’histoire de l’ASEC Mimosas en Coupe d’Afrique des Clubs Champions. Tout le pays était en effervescence. Après le nul (2-2) à Durban en Afrique du Sud, rien ne présageait le sort que nous avons vécu au match retour. C’était cauchemardesque. Nous aurions tellement voulu faire plaisir aux nombreux Actionnaires et au peuple ivoirien qui ont cru en nous...Hélas !

 

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Avez-vous une anecdote à raconter que vous n’avez jamais dite à quelqu’un ?

 

Plutôt deux qui retiennent mon attention. La première concerne l’entraîneur Luis Oscar Fullone. En fin psychologue, il savait canaliser ses joueurs. Il avait l’habitude de nous réserver des surprises après chaque victoire. Il nous disait ‘‘Gagnez-moi ce match et je vous aiderai à faire la fête’’. Quand j'allais le voir après la victoire, il nous offrait un bon rafraîchissement, alcoolisé pour certains et non alcoolisé pour d'autres. La seconde anecdote concerne le Président Roger Ouégnin. Il ne croyait pas en moi lorsque nous partions en Tanzanie en 1995 quand le coach Zaré Mamadou m’avait préféré à Losseni Konaté pour le match retour des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des clubs Champions. Vainqueurs à l’aller à Abidjan d'un but d'écart (2-1), j’avais la ferme conviction que nous ramènerions la qualification et j’ai parié avec le PCA, Me Roger Ouégnin. Je lui ai dit en cas de victoire, « vous doublez mon salaire en plus de ma prime de match ». Et lui de me dire « dans le cas contraire, je te vire ». J’ai finalement gagné mon pari et le PCA a tenu parole.

 

Quel est votre mot de fin ?

 

Mes meilleurs vœux à tous les sportifs de Côte d’Ivoire en particulier tous les amoureux de l’ASEC Mimosas. Que Dieu nous accorde la santé, la cohésion pour que vive le club cher au PCA Me Roger Ouégnin et à nous tous.

 


 

 

 

Les grandes dates du club

 

Diarra Seydou Raconte ASEC Mimosas – Simba SC Des 8ème De Finale De La Coupe d’Afrique des Clubs Champions 1995 « Notre état d’esprit a fait la différence ».

« Les grandes dates du club de cette semaine ouvrent leurs colonnes à l’ancien gardien de but de l’ASEC Mimosas, DIARRA Seydou qui raconte quand et comment il a pris le pouvoir dans les cages de l’ASEC Mimosas pour disputer la première finale de Coupe d’Afrique des Clubs champions de l’histoire du club ».

 

Le contexte avant l’entrée en lice

 

« On est en 1995. Le PCA, Me Roger Ouégnin surprend tout le monde et nommait ZARÉ Mamadou entraîneur principal de l’ASEC Mimosas. Le nouvel entraineur était considéré comme un néophyte. Mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années. Nous, joueurs, avions confiance en lui puisqu’il était sorti des sérails du club. On ne s’était pas trompé car Zaré dirigea avec efficacité son groupe avec de grandes figures comme : Abdoulaye Traoré Ben Badi, Sékou Bamba John Zaki, Sié Donald etc. Pour notre premier match de Coupe d’Afrique des Clubs Champions, on va battre en 16ème de finale aller, le Petro à Luanda (2-1) grâce à 2 buts de Guel Tchiressoua (63’) et de Sékou Bamba (68’) répondant au but de Kabongo Titio (12’). Pour un coup d’essai, Zaré avait réussi un coup de maître. Notre victoire est saluée à Abidjan par de nombreux Actionnaires. C’est dans une communion totale, qu’on confirme notre bon résultat de l’aller en éliminant le Petro à Abidjan sur le score de 3-1, œuvrent de Guel Tchiressoua(3’) et de Sékou Bamba (38’ et 68’) ».

 

Courte victoire à domicile

 

« Le prochain adversaire qui se dressait sur notre chemin en 8ème de finale s’appelait Simba Sporting Club de Tanzanie. Le match aller à lieu au stade Félix Houphouët-Boigny. La confiance était de mise mais l’équipe va se montrer maladroite vendangeant plus d’une dizaine d’occasions. Nos attaquants Ben Badi et Sékou Bamba étaient mal inspirés. Ben Badi et Losséni Konaté ont même raté chacun un penalty. Finalement, on l’avait emporté sur une petite longueur (2-1). Deux buts inscrits par Sékou Bamba (13’) et Gbahou Jean-Marie (62’). Malgré cette courte avance, on était resté concentré et surtout confiant pour le match retour à Dar-Es-Salaam ».

 

L’état d’esprit avant le match retour

 

Alors que beaucoup ne vendaient pas cher notre peau parce que selon eux, la marge était trop peu pour espérer une qualification en quart de finale, l’état d’esprit affiché par toute l’équipe avant et pendant ce match retour contre Simba Sporting Club, était extraordinaire. Tenez-vous bien ! Le coach ZARÉ Mamadou avait déclaré à la presse que s’il perdait, il démissionnerait. Aka Kouamé, le capitaine à son tour avait rassuré que la qualification était à notre portée. Et Sékou Bamba avait enfoncé le clou en ces termes J’arrête le football, si on ne passe pas.

 

C’était dans cet état d’esprit de conquérants qu’on s’était préparé à aller à l’assaut de Simba SC. Avant le voyage, on avait disputé un match amical à Sol Béni contre le Stella Club. Au cours de ce match, il y avait eu une brouille entre le coach Zaré Mamadou et Losséni Konaté. A la mi-temps, ce dernier avait pris sa voiture et avait quitté Sol Béni. On était à une semaine du voyage à Dar-Es-Salaam. C’était là que je prenais le pouvoir, je m’installais dans les cages de l’ASEC Mimosas pour ne plus les quitter. Le coach Zaré avait déclaré que son choix se portait désormais sur moi ou Bakary Koné pour garder ses buts ».

 

La belle victoire à Dar-ES-Salaam

 

Toute la délégation Jaune et Noir était unanime sur un fait : Le Simba Sporting Club ne pouvait en aucun cas, barrer le chemin des quarts de finale à l’ASEC Mimosas. Les critiques acerbes après le match, ont révolté davantage les joueurs qui ont pris fait et cause pour leur jeune entraîneur. Prévenu que la manche retour allait être très physique, le coach a voyagé avec des joueurs physiquement au point, aguerris.

 

« On était tous prêt pour le combat. Informé de la suspension de Ben Badi à deux jours de la rencontre, le Président Roger OUÉGNIN n’avait pas divulgué l’information pour ne pas nous démobiliser. Mais l’ayant su plus tard, cela avait plutôt fouetté notre orgueil. Sans oublier qu’on devrait se passer de GBAHOU Jean Marie qui avait été mis à l’écart, la veille du match, par l’entraîneur pour indiscipline. Le match commence tambour battant. Il fallut s’arracher pour faire échec aux assauts répétés des attaquants tanzaniens. A quatre reprises, en première mi-temps j’avais dû m’employer promptement pour garder ma cage inviolée. Mi-temps (0-0). A la reprise, on poursuit sur notre lancée et trois minutes plus tard, Sékou BAMBA ouvre le score sur un tir croisé. Juma AMIRI égalisait pour Simba SC. Soutenus par les supporters du Young African, équipe rivale du Simba SC et refusant de subir la loi du champion tanzanien, poussé par son public, on ira puiser dans nos dernières ressources pour inscrire le second but qui ruinait totalement les espoirs du Simba SC. Sékou BAMBA qui avait hérité d’une balle de John ZAKI servait à son tour magistralement KEITA Ali Marin dont la frappe faisait mouche. A la fin du match on avait assisté à une explosion de joie de nos dirigeants dans la tribune officielle. Cette rencontre restera mon match référence à l’ASEC Mimosas. Et comme j’aime à le dire, c’est là que j’avais pris le pouvoir jusqu’à aller remporter la Ligue des Champions en 1998, après notre échec en finale en 1995 ».

 

 

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D'où provient l'info

  • Source : ASEC Mimosas
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  • Dernière mise à jour : Sam, 16 Jan 2021 à 18h 56
  • Contacter l'auteur : news@mondialsport.net

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